Commissio Leonina
Collegium Editorum Operum S. Thomae de Aquino
43ter rue de la Glacière – 75013 Paris

L.-J. Bataillon OP


Jacques Henri BATAILLON (en religion Frère Louis), né a Paris le 2 juillet 1914, mort le 13 février 2009.

L.-J.Bataillon OP

Diplômé de la Fondation nationale des Sciences politiques, docteur en droit.

Il entre au noviciat de l'Ordre des Prêcheurs au couvent Saint-Jacques à Paris et reçoit l'habit de Dominique le 22 septembre 1945, prononce ses vœux simples le 23 septembre 1946 et réside au couvent du Saulchoir d'Etiolles (Essonne) pour y suivre le cursus ordinaire de la formation donnée aux frères, philosophie et théologie. Il est ordonné prêtre le 16 juillet 1950. Il obtient le grade universitaire de lecteur en théologie.

Dès la fin de ses études, en 1952, il est nommé membre de la Commission Léonine (Collège des Editeurs des œuvres de saint Thomas d'Aquin) et continue à résider au couvent du Saulchoir jusqu'au 3 janvier 1973, date à laquelle la Commission Léonine est transférée à Grottaferrata, près de Rome. Là deux communautés savantes s'épaulent dans leurs travaux, Grottaferrata est le couvent où s'établit l'édition critique des œuvres des maîtres franciscains. En 2003 la Commission revient en France pour être installée au couvent Saint-Jacques où le frère Louis travaille avec une extraordinaire clarté d'esprit, sur son ordinateur, jusqu'à la veille du jour où il s'est endormi simplement dans la Paix du Seigneur, le 13 février, à 18 h.45.

Pendant la vingtaine d'années qu'il réside au Saulchoir, le Frère Louis s'est consacré à l'accompagnement spirituel et fraternel d'une communauté de jeunes handicapés à Saint-Fargeau. Là il a lié de fortes et durables amitiés.

Un travailleur inlassable : au moins 148 contributions à la Revue des Sciences philosophiques et théologiques depuis son premier bulletin d'histoire des doctrines médiévales en 1959. Sa bibliographie sera mise rapidement à la disposition des chercheurs. Avec le Frère Bertrand Guyot il a «écumé» les bibliothèques d'Europe à la recherche des manuscrits de saint Thomas. Il a ainsi contribué à l'établissement d'une gigantesque filmothèque devenue l'instrument de base du travail de la Commission et la source documentaire pour d'innombrables chercheurs, en particulier avec l'Institut de Recherche et d'Histoire des textes. Doué d'une étonnante mémoire il répondait avec autant de rapidité que de courtoisie aux questions les plus diverses touchant aux huit cents ans de l'histoire médiévale.

Ce bref portrait serait parfaitement inexact si l'on omettait sa cordialité, sa disponibilité, et son humour qui allait jusqu'à rendre savoureuse l'érudition la plus austère. De lui comme de son Père saint Dominique on peut dire «tout le monde l'aimait parce qu'il aimait tout le monde».

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par Michel Albaric OP, Archiviste de la Province de France


Liens

Bibliographie
Louis-Jacques Bataillon. Hommage